En Juin 2017, nous avons démarré notre périple cyclo-touriste à St Jean Pied de Port, pour relier Saint Jacques de Compostelle, en Espagne (Galice)

J'avais déjà parcouru le chemin dans sa partie française (Puy-en-Velay, Conques...) et j'avais envie de faire la suite en vélo, en traversant l'Espagne d'Est en Ouest.

Mon sentiment après ce beau voyage, est qu'il est quand même préférable de faire le camino à pied. C'est le rythme qui convient le mieux au pèlerin en recherche de spiritualité et de contemplation dans sa démarche.

En effet, le rythme du vélo m'a semblé un peu trop rapide. Je me suis souvent surpris à envier les marcheurs partant tranquilement à l'aube, à travers les calmes chemins de campagne.. Nous, en nous levant à 8h du matin plus tard, nous les retrouvions 2h plus tard. Nous croisions souvent les pélerins, leur adressions un "buen camino" et hop, terminé, pas le temps d'engager la conversation..En outre, les chemins du pèlerin à pied sont parfois bien peu adaptés aux cyclistes ( grosses montées pierreuses..) 

 

 

Col d'Ibaneta, après avoir traversé les pyrénées basques

 

A chaque étape, vous faites tamponner votre credential, attestant de votre passage. On se prend vite au jeu en fait !

 

 

 

Nous avons traversé des paysages assez variés, entre verdure du Pays Basque (ma partie préférée) et terres plus sèches de Castille-Y-Léon

 

Les domaines viticoles de La Rioja 

 

Nous avons trouvé la vie vraiment peu chère le long du chemin. En effet, grâce à votre credential, vous pouvez dormir dans une auberge (albergue) pour 5 ou 6 euros. Les repas sont souvent proposés à 10€ le menu tout simple, mais plûtot bon. 

 

Le soir, après une grosse journée de canicule, on a juste envie de prendre une bonne douche fraiche, faire sa lessive, diner et dormir !

Parfois vous trouvez une petite auberge avec quelques lits juste pour vous et parfois, ce sont des dortoirs.

 

Nous avons réalisé ce parcours en plein mois de Juin. Nous savions qu'il allait faire chaud. Mais nous somme sen plus tombé en pleines semaines de canicule dans toute l'Europe. 

 

Après avoir ressenti une petite douleur à la respiration un soir, on a décidé que l'on ne roulerait plus entre 13h et 16h. Il faisait en effet plus de 38 degrés à Pampelune par exemple. Nous buvions facilement 1 litre d'eau à l'heure.

 

 

Les richesses culturelles sont nombreuses en Espagne du Nord. Les cathédrales de Burgos ou Léon sont magnifiques.

Mais l'on découvre aussi de toutes petites églises dans lesquelles il fait bon de s'arreter et faire une visite au frais.

 

Cathédrales de Burgos et de Léon

 

Au cours du périple, vous faites des rencontres avec des gens du monde entier, jeunes ou vieux. Surtout si vous êtes un pélerin à pied (en vélo, on va trop vite pour faire un bout de chemin avec des marcheurs)

Il est fréquent de faire plusieurs étapes avec quelqu'un que vous avez rencontré et avec qui vous avez sympathisé. 

Certains font le parcours d'une traite et cela prend 2 mois à parcourir les 1200km depuis le Puy en Velay ou 1 mois et demi depuis Saint Jean Pied de Port

Avec une charmante Vénézuelienne qui voyageait aussi en vit (très sportive)

Avec une dame australienne, qui voyageait à pied avec une roulotte confortablement tirée par les hanches.

 

Ici, un "radicalisé" du chemin de Compostelle. Mdr, il ne pouvait pas s'acheter des godasses quand même ?? J'ai trouvé ça too much, et heureusement que j'ai pas dormi à côté de lui car sa robe, j'imagine qu'il ne devait pas la laver tous les soirs !

Voyager en vélo en Espagne fut une certaine source de stress pour nous. En effet, la RENFE, équivalent de la SNCF en France, ne prévoit aucun espace vélo dans ses trains..

Du coup, il est possible de transporter son vélo dans le train du retour Santiago-Hendaye (12h !!! ) mais il doit être entièrement démonté et rangé dans une grande housse. Finalement, ce n'était pas si compliqué, en s'y prenant bien à l'avance. J'ai ainsi appris à démonter mes pédales etc..

 

 

 

Pour terminer, je recommande la lecture du très agréable récit de Jean-Christophe Rufin, de l'académie Française. 

il y raconte son périple sur le chemin du Nord, plus sauvage encore que le camino francés, mais arrivant au même Grall, Saint Jacques de Compostelle.

Il décrit avec une grande humilité et un humour délicat, ces heures de souffrances solitaires, parfois humiliantes, parfois ennuyeuses devant des décors urbains très éloignés de la magie moyen-âgeuse à laquelle on s'attend. Cependant, il n'oublie pas ces moments de purs bonheur devant des paysages sublimes de montagne et de côtes sauvages.

Il raconte ces "faux pèlerins" , propres et rassasiés (de nourriture, pas de spiritualité et de gout de l'effort) , qui se ont porter leur sac chaque jour via le "mochila express" ou qui débarquent à Santiago directement en avion ou train.

 

 

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